Selon les données citées par l'établissement, près de 75 % des maladies émergentes ont une origine animale. La pandémie de Covid-19 a illustré cette réalité et renforcé la nécessité de développer des réponses plus globales aux menaces sanitaires.
Une approche qui relie humains, animaux et environnement
Dans un reportage publié par France 3 Régions Auvergne-Rhône-Alpes, Julien Ferrero, étudiant du master International One Health (Managing Health of Populations), explique que cette approche repose sur une idée simple : les différentes formes de santé sont interdépendantes.
Le jeune homme souligne que les futurs professionnels sont amenés à collaborer avec des médecins, des vétérinaires, des spécialistes de l'environnement mais aussi des acteurs du secteur social. Cette diversité des profils constitue l'un des fondements de la formation.
Comprendre les chaînes de conséquences
Pour illustrer cette vision globale, les enseignants s'appuient sur des cas concrets.
Dans le reportage de France 3, Florence Ayral, enseignante au sein du master, évoque l'exemple d'un champignon pathogène ayant entraîné un effondrement des populations de chauves-souris sur un territoire donné. Cette disparition provoque ensuite une prolifération des insectes normalement consommés par ces mammifères.
Afin de protéger les cultures agricoles, les producteurs recourent alors davantage aux insecticides. Ces substances peuvent à leur tour avoir des effets sur la santé humaine, notamment chez les nouveau-nés. Cet exemple illustre la manière dont un événement touchant la faune sauvage peut produire des conséquences sanitaires indirectes pour les populations humaines.
Mieux prévenir les zoonoses
Les maladies transmissibles entre l'animal et l'humain occupent une place importante dans les enseignements.
Interrogé par France 3 Régions, Nader Elkhouly, étudiant vétérinaire originaire d'Égypte, cite notamment le cas de la brucellose. Cette infection bactérienne touche principalement les bovins, les ovins, les chèvres ou encore les chiens et peut, dans certaines situations, être transmise à l'homme.
L'étudiant estime qu'il est nécessaire d'agir plus tôt sur le volet animal afin d'éviter que les premiers cas humains ne servent de signal d'alerte. Une logique qui correspond précisément à la philosophie du One Health : privilégier l'anticipation plutôt que la réaction.
L'importance des facteurs sociaux et culturels
La dimension sanitaire n'est pas le seul sujet abordé dans le cursus.
Les responsables du master considèrent que la compréhension des contextes sociaux, économiques et culturels joue également un rôle dans la gestion des crises.
Toujours dans le reportage de France 3 Régions, Thibaud Porphyre, co-responsable de la formation, explique que les étudiants apprennent à travailler avec des interlocuteurs issus de milieux très différents. Cette compétence s'avère particulièrement utile dans certaines régions du monde où les perceptions de la maladie animale, des services vétérinaires ou des campagnes de vaccination peuvent varier fortement selon les communautés.
L'exemple de la fièvre aphteuse en Afrique du Sud est régulièrement cité pour montrer que la réponse à une épidémie ne peut pas reposer uniquement sur des solutions techniques ou médicales.
Une vision plus large de la santé
Le concept de One Health ne se limite pas aux maladies infectieuses.
Les enseignants rappellent que la santé englobe également le bien-être physique, psychologique et social. Cette approche transversale vise à dépasser les frontières administratives traditionnelles entre santé humaine, santé animale et protection de l'environnement.
Selon Florence Ayral (propos rapportés par France 3 Régions Auvergne-Rhône-Alpes), de nombreux enjeux se situent aujourd'hui à l'intersection de plusieurs domaines. Or, ces sujets échappent parfois aux compétences clairement identifiées des différentes administrations.
Des débouchés internationaux
Le développement de cette formation répond à une demande croissante d'organisations internationales telles que l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ou encore le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).
Les diplômés sont ainsi préparés à exercer des fonctions de coordination, d'expertise ou de gestion de projets dans des structures nationales et internationales impliquées dans la prévention des crises sanitaires.
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