- S’inscrire à France Travail n’est pas une formalité automatiquement imposée dès qu’une activité professionnelle s’arrête.
- L’inscription devient en revanche indispensable lorsqu’une personne souhaite faire examiner ses droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).
- Elle peut aussi permettre d'être accompagnée dans la recherche d'un premier poste, même lorsqu'aucune indemnisation n'est possible.
- France Travail précise qu’après une perte d’emploi, l’inscription doit intervenir dans les douze mois suivant la fin du contrat afin de pouvoir bénéficier de l’ARE, sous réserve de remplir les autres conditions d’indemnisation.
Cinq mois de travail peuvent désormais compter dès le début de carrière
Depuis le 1er avril 2026, l’accès à l’assurance chômage a été assoupli pour les personnes qui n’ont jamais bénéficié de l’ARE, ou qui n’ont pas ouvert de droits depuis au moins vingt ans.
Pour une fin de contrat intervenant à compter de cette date, il suffit désormais de justifier de 108 jours travaillés ou 758 heures, soit environ cinq mois, au lieu des six mois normalement exigés.
Cette disposition peut notamment concerner les étudiants en pharmacie, en odontologie ou en école vétérinaire qui ont exercé une activité salariée pendant leurs études :
- CDD pendant les vacances universitaires,
- emploi régulier le week-end,
- activité salariée exercée pendant le cursus,
- premier contrat décroché à la sortie du cursus.
Un étudiant peut-il s’inscrire à France Travail ?
Oui, mais l’intérêt est limité lorsqu’il suit ses études à temps plein.
Un étudiant peut s’inscrire à France Travail s’il est réellement disponible pour rechercher et occuper un emploi parallèlement à ses études. Cela peut notamment concerner un étudiant en pharmacie, en odontologie ou en école vétérinaire qui recherche un emploi salarié compatible avec son emploi du temps.
Le moment à surveiller est donc surtout celui de la transition vers l’emploi :
- fin des études,
- fin d’un internat,
- fin d’un CDD effectué pendant le cursus,
- absence de poste immédiatement après le diplôme.
Si l’étudiant a déjà accumulé des périodes d’emploi salarié suffisantes, l’inscription permettra alors de faire examiner ses droits à l’assurance chômage.
Une personne n’ayant jamais travaillé peut également s’inscrire afin de bénéficier d’un accompagnement vers son premier emploi, mais elle ne disposera pas de droits à l’ARE issus d’une activité antérieure.
Stage étudiant : la gratification ne suffit pas à ouvrir des droits au chômage
Un stage universitaire classique doit être distingué d’un contrat de travail.
Lorsqu’un stage dépasse deux mois, une gratification minimale doit en principe être versée. Mais le Code de l’éducation précise expressément que cette gratification n’a pas le caractère d’un salaire.
Ainsi, un stage conventionné réalisé dans une officine, un cabinet dentaire, une clinique vétérinaire ou une entreprise ne crée pas à lui seul des droits à l’assurance chômage de la même manière qu’un CDD salarié.
Depuis avril 2026, la règle des cinq mois peut notamment devenir intéressante au moment de l’entrée dans la vie professionnelle lorsque plusieurs contrats salariés ont été effectués au cours des deux années précédentes.
Déjà inscrit à France Travail et en stage ? Il faut le déclarer
Il existe une autre situation : celle d’une personne déjà inscrite à France Travail qui reprend une formation ou effectue un stage.
Dans ce cas, France Travail demande de déclarer l’entrée en formation ou en stage lors de l’actualisation, quels que soient sa durée ou son financement. Cette déclaration permet notamment de déterminer si l’indemnisation peut être maintenue, adaptée ou suspendue.
Pharmacie : le cas particulier des étudiants hospitaliers
La pharmacie comporte une particularité supplémentaire.
Les étudiants hospitaliers en pharmacie participent à l’activité hospitalière au cours de leur cursus. Le Code de la santé publique leur reconnaît la qualité d’agent public et prévoit une rémunération versée par le centre hospitalier universitaire de rattachement.
Lorsque cette activité hospitalière rémunérée s’achève, l’existence éventuelle de droits au chômage dépend du parcours complet de l’étudiant et des périodes d’activité retenues par l’assurance chômage. Si l’étudiant poursuit immédiatement ses études et n’est pas disponible pour travailler, son statut étudiant reste déterminant.
Internes en pharmacie et en odontologie : ce sont des agents publics
Le cas de l’internat est encore plus net en pharmacie et en odontologie.
Le Code de la santé publique qualifie les internes de praticiens en formation spécialisée et d’agents publics. Ils accomplissent des obligations de service en stage et hors stage et perçoivent une rémunération.
Un interne qui achève son cursus et ne dispose pas immédiatement d’un nouvel emploi a donc intérêt à s’inscrire à France Travail s’il recherche effectivement un poste.
Le droit du chômage prévoit que les agents publics involontairement privés d’emploi peuvent bénéficier de l’allocation d’assurance lorsqu’ils remplissent les conditions exigées.
Les étudiants hospitaliers en odontologie ont eux aussi un statut spécifique
Les étudiants en chirurgie dentaire ne sont pas tous de "simples stagiaires" lorsqu’ils exercent à l’hôpital.
Le Code de la santé publique prévoit que les étudiants hospitaliers en odontologie participent à l’activité hospitalière et ambulatoire et perçoivent une rémunération versée par leur CHU de rattachement. Ils disposent, à ce titre, de la qualité d’agent public.
Internat vétérinaire : un fonctionnement différent
Le mot « internat » peut prêter à confusion entre les filières.
L’internat vétérinaire est un diplôme national organisé dans les écoles nationales vétérinaires. La formation dure douze mois à temps plein, avec possibilité d’organisation à temps partiel dans certaines conditions. Elle repose notamment sur une participation à l’activité des centres hospitaliers universitaires vétérinaires.
Le régime n’est toutefois pas identique à celui des internes en pharmacie ou en chirurgie orale.
- À l’École nationale vétérinaire de Toulouse, par exemple, les internes restent sous statut étudiant et se voient proposer un CDD de droit public à temps incomplet, correspondant notamment aux périodes pendant lesquelles ils exercent en responsabilité.
- À Oniris, les documents remis aux internes décrivent également un statut étudiant accompagné, lors de certaines missions au CHUV, d’un statut d’agent public.
- À la fin d’un internat vétérinaire, il faut donc regarder le contrat réellement conclu avec l’école. C’est la fin du contrat rémunéré et les autres emplois éventuellement exercés auparavant qui permettront d’étudier des droits au chômage, et non le seul fait d’avoir obtenu le diplôme d’internat.
Et lorsqu’un pharmacien, un vétérinaire ou un dentiste cesse son activité libérale ?
France Travail peut également intervenir après une activité indépendante, mais le régime est beaucoup plus restrictif que pour un salarié.
L’Allocation des travailleurs indépendants, ou ATI, peut être accordée lorsque l’activité non salariée cesse de manière définitive et involontaire, sous plusieurs conditions.
Un chirurgien-dentiste libéral, un pharmacien exerçant sous un statut indépendant ou un vétérinaire libéral ne bénéficie donc pas automatiquement du chômage simplement parce qu’il décide de fermer son activité.
Pour demander l’ATI, l’inscription à France Travail doit intervenir dans les douze mois suivant la cessation de l’activité non salariée.
Les situations où l’inscription mérite d’être envisagée rapidement
Chez les pharmaciens, chirurgiens-dentistes et vétérinaires, plusieurs moments du parcours doivent donc attirer l’attention :
- la fin d’un CDD ou d’un premier emploi salarié ;
- un licenciement ou une autre perte involontaire d’emploi ;
- la fin d’un internat en pharmacie ou en odontologie sans emploi immédiatement derrière ;
- la fin d’un contrat public associé à un internat vétérinaire ;
- la fin des études lorsqu’une activité salariée suffisante a déjà été effectuée parallèlement au cursus ;
- la cessation involontaire d’une activité libérale susceptible d’ouvrir droit à l’ATI.
Le réflexe utile consiste donc à ne pas regarder uniquement l’intitulé de la période effectuée (stage, internat, remplacement) mais son statut juridique :
- étudiant,
- stagiaire gratifié,
- salarié,
- agent public,
- indépendant.
Envie d'approfondir ?
Découvrez plus d'articles sur Le Moniteur des pharmacies
C'est par iciEnvie d'approfondir ?
Découvrez plus d'articles sur L'information dentaire
C'est par iciEnvie d'approfondir ?
Découvrez plus d'articles sur Le Point vétérinaire
C'est par ici