• Ce vendredi 25 septembre, les pharmaciens ont leur journée mondiale. Pour son édition 2026, la Fédération internationale pharmaceutique (FIP) a retenu le thème « Empowering pharmacists for healthier futures », qui insiste notamment sur la place des pharmaciens dans la prévention, l'accès aux soins et le fonctionnement des systèmes de santé.
  • En France, l'Ordre national des pharmaciens a choisi de profiter de cette journée pour rappeler une autre réalité : pharmacien est un métier connu de tous, mais dont les différentes formes d'exercice restent beaucoup moins identifiées.
  • L'institution remet notamment en avant sa campagne « Pharmacien, le moins connu des métiers connus », destinée à faire découvrir aux jeunes, aux étudiants mais aussi à leurs parents les possibilités offertes par les études de pharmacie.
  • Une campagne qui ne se limite pas à une opération de communication : la question rejoint directement celle du renouvellement de la profession et de l'attractivité de ses différents métiers.

75 731 pharmaciens, mais des réalités professionnelles très différentes

Le dernier panorama démographique de l'Ordre permet de mesurer la taille de la profession. Au 1er janvier 2026, 75 731 pharmaciens étaient inscrits à l'Ordre.

Le chiffre global pourrait donner l'image d'une profession relativement stable. Sur dix ans, les effectifs ont progressé de 3,2 %. Mais cette évolution masque des mouvements très différents selon les modes d'exercice.

Depuis 2015, l'Ordre constate notamment une progression des effectifs dans les établissements de santé et médicosociaux, dans l'industrie et parmi les pharmaciens adjoints d'officine. Dans le même temps, les effectifs diminuent chez les titulaires d'officine, les biologistes médicaux et les pharmaciens de la distribution en gros.

La profession se renouvelle également. Les primo-inscriptions ont progressé de 31 % en dix ans et les moins de 40 ans représentent désormais 32,6 % des pharmaciens, contre 23,5 % en 2015.

L'officine, visage le plus visible de la profession

C'est évidemment le pharmacien d'officine que le public identifie le plus spontanément.

Mais l'exercice officinal lui-même a changé. La dispensation et la sécurisation des traitements restent au cœur du métier, mais les missions se sont élargies au fil des années : vaccination, dépistage, prévention, accompagnement des patients, entretiens pharmaceutiques ou encore participation à certaines prises en charge coordonnées.

Et l'officine ne se résume pas au statut de titulaire.

Elle fait travailler des pharmaciens adjoints, des remplaçants et des pharmaciens exerçant selon différentes organisations professionnelles. La trajectoire peut donc évoluer au cours d'une carrière, entre salariat, association, acquisition ou transmission d'une officine.

À l'hôpital, une pharmacie beaucoup moins visible des patients

D'autres pharmaciens exercent quotidiennement à l'hôpital, en établissement de santé ou dans le secteur médicosocial.

Ils peuvent travailler au sein d'une pharmacie à usage intérieur (PUI), sur le circuit des médicaments et dispositifs médicaux, la sécurisation des prescriptions, les préparations, la stérilisation ou encore différentes activités de pharmacie clinique.

Leur activité peut aussi les rapprocher directement des équipes médicales et soignantes.

Au 1er janvier 2026, l'Ordre recensait 8 106 inscriptions en section H, correspondant aux pharmaciens des établissements de santé ou médicosociaux et des services d'incendie et de secours. Un même pharmacien pouvant posséder plusieurs inscriptions, ce chiffre ne correspond pas exactement à un nombre de personnes physiques.

C'est l'un des secteurs dont les effectifs ont progressé au cours des dix dernières années.

Dans l'industrie, le pharmacien ne fabrique pas seulement des médicaments

L'industrie pharmaceutique constitue un autre versant du métier parfois peu connu des étudiants au moment où ils entrent dans les études.

Le pharmacien peut intervenir à plusieurs niveaux du cycle de vie d'un médicament : production, assurance qualité, contrôle qualité, affaires réglementaires, pharmacovigilance, information médicale ou activités liées à l'exploitation des médicaments.

Certaines fonctions portent surtout une responsabilité réglementaire particulièrement importante.

L'Ordre distingue notamment les pharmaciens responsables, pharmaciens responsables intérimaires, pharmaciens délégués ou pharmaciens adjoints exerçant dans les établissements pharmaceutiques fabricants, exploitants ou importateurs.

Leur exercice est donc très éloigné de celui d'un pharmacien au contact direct des patients, tout en conservant le même socle professionnel : la sécurité et la qualité des produits de santé.

Distribution en gros : le maillon que l'on voit peu

Entre les fabricants et les officines ou établissements de santé, une autre catégorie de pharmaciens exerce dans la distribution en gros.

Grossistes-répartiteurs, dépositaires, exportateurs ou encore activités liées aux gaz médicaux : les environnements sont multiples.

Leur mission touche notamment à la qualité des opérations pharmaceutiques et à la sécurisation de la chaîne de distribution. L'exercice implique également des responsabilités réglementaires qui peuvent être assumées par des pharmaciens responsables, délégués ou adjoints selon les structures.

C'est probablement l'une des facettes les moins visibles de la profession pour le grand public, alors qu'elle participe directement à la disponibilité des médicaments sur le territoire.

La démographie de ce secteur mérite également d'être suivie : l'Ordre relève une diminution des effectifs de pharmaciens de la distribution en gros sur les dix dernières années.

Biologiste médical : pharmacien, mais pas à l'officine

Autre confusion fréquente : tous les biologistes médicaux ne sont pas médecins.

Les pharmaciens peuvent également devenir biologistes médicaux à l'issue du parcours requis. Ils exercent alors dans les laboratoires de biologie médicale privés ou dans les établissements hospitaliers.

Prélèvements selon les organisations, validation et interprétation des examens, responsabilité du laboratoire, échanges avec les prescripteurs : le quotidien professionnel n'a plus grand-chose à voir avec celui d'une officine.

La formation passe par le DES de biologie médicale, organisé sur plusieurs phases et comportant notamment des stages en biochimie, hématologie, bactériologie-virologie et dans les différentes disciplines de la biologie médicale.

Et ce n'est toujours pas toute la pharmacie

Même cette présentation laisse de côté une partie des possibilités.

L'Ordre identifie par exemple spécifiquement le pharmacien chargé de la dispensation à domicile des gaz à usage médical et regroupe également plusieurs autres formes d'exercice dans ses ressources consacrées aux métiers.

Selon leurs parcours, des diplômés peuvent également se diriger vers la recherche, certaines fonctions de santé publique, l'enseignement ou différentes activités liées à l'expertise scientifique et réglementaire.

C'est précisément ce qui rend l'expression « le métier de pharmacien » quelque peu réductrice : le diplôme ouvre sur une famille de métiers davantage que sur un poste unique.

Les études elles-mêmes commencent à davantage refléter cette diversité

Cette question arrive à un moment particulier pour les étudiants en pharmacie.

La réforme du troisième cycle court, actée par le décret du 29 décembre 2025 et les textes publiés en janvier 2026, a modifié l'organisation de la dernière partie du cursus.

Elle crée notamment des diplômes d'études spécialisées pour les parcours officine et industrie et renforce la dimension professionnalisante de la sixième année. L'évaluation doit davantage porter sur les compétences acquises en situation professionnelle.

Les étudiants des filières officine, industrie, distribution et recherche effectuent notamment un stage de pratique professionnelle de six mois à temps plein au cours de la sixième année, selon le parcours choisi. Les étudiants ayant choisi l'internat suivent, eux, les cursus spécifiques de pharmacie hospitalière ou de biologie médicale.

Les carrières pharmaceutiques ne suivent plus nécessairement une seule ligne

C'est un autre message porté cette année par l'Ordre à l'occasion de la Journée mondiale des pharmaciens : un parcours professionnel peut évoluer.

Un diplôme commun ne signifie pas que toutes les passerelles soient immédiates. Certaines activités sont conditionnées par une formation, un DES, une inscription dans une section ordinale déterminée ou le respect de règles propres à l'exercice concerné.

Mais la variété des postes proposés dans l'officine, l'industrie, la distribution, les établissements de santé ou les activités transversales permet aussi d'envisager une carrière moins linéaire qu'il y a encore quelques décennies.

Faire connaître les métiers pour renouveler la profession

La campagne lancée par l'Ordre vise en priorité les collégiens, lycéens, étudiants et leurs parents. Ce choix n'a rien à voir avec le hasard.

La démographie pharmaceutique ne dépend pas uniquement du nombre global de diplômés. Elle dépend aussi de leur répartition entre les différents métiers et les territoires.

Près des deux tiers des pharmaciens nouvellement inscrits exercent dans leur territoire de formation. Hors Île-de-France, cette proportion atteint même 74,3 %.

Former des pharmaciens, leur faire connaître la palette des exercices possibles et leur permettre de construire leur parcours professionnel sont donc trois questions étroitement liées.

C'est aussi tout l'intérêt de cette Journée mondiale des pharmaciens du 25 septembre : rappeler que derrière une profession immédiatement identifiable par le public se trouve une mosaïque de métiers que même les futurs étudiants ne connaissent pas toujours lorsqu'ils choisissent pharmacie.

Officine, hôpital, industrie, laboratoire, distribution : les blouses ne sont pas les mêmes, les journées non plus. Le diplôme, lui, reste le point commun.

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