• Un chien qui se retourne au moment de monter sur la table. Un carton posé dans un passage entre deux livraisons. Un instrument manipulé trop vite pendant le nettoyage. Ces situations appartiennent au quotidien des équipes de santé. Leur répétition peut les rendre familières, sans les rendre moins dangereuses.
  • Le bilan publié le 13 octobre 2026 par l’Assurance maladie rappelle la gravité des accidents professionnels : 783 décès reconnus après un accident du travail en 2025, contre 764 en 2024. En ajoutant les accidents de trajet et les maladies professionnelles, le total atteint 1 331 décès. Ces chiffres nationaux concernent le régime général. Ils ne permettent pas de conclure à une hausse de la mortalité dans chacune des trois activités.

Des centaines d’accidents dans chacune des trois activités

Les fichiers de l’Assurance maladie pour 2024, publiés en mars 2026, recensent, en additionnant les différents comités techniques nationaux rattachés à chaque code d’activité :

  • 840 accidents du travail en premier règlement dans le commerce de détail de produits pharmaceutiques, pour 119 569 salariés ;
  • 806 dans les activités vétérinaires, pour 29 251 salariés ;
  • 374 dans la pratique dentaire, pour 55 226 salariés.

Rapportés aux effectifs, ces nombres correspondent à environ 7 accidents pour 1 000 salariés en pharmacie, 27,6 dans les activités vétérinaires et 6,8 dans la pratique dentaire, selon nos calculs.

Au cabinet dentaire, une absence peut durer plusieurs mois

Dans une publication mise à jour en février 2024, l’INRS indique qu’un accident du travail dans les cabinets dentaires entraîne 86 jours d’arrêt en moyenne. Pour une maladie professionnelle, la moyenne annoncée atteint 200 jours de travail perdus. Ces repères ne sont pas des résultats de l’année 2025. Ils donnent néanmoins une mesure des conséquences possibles dans une petite équipe.

Lorsqu’une assistante dentaire s’absente plusieurs semaines, il faut redistribuer la préparation des salles, la stérilisation, l’assistance au fauteuil et parfois une partie de l’accueil. Le risque est alors de reporter la charge sur les collègues tout en conservant le même rythme de rendez-vous.

La prévention commence aussi dans l’agencement du cabinet. L’INRS relève les postures prolongées du cou, le mobilier mal réglé, le manque de pauses ou d’alternance entre les tâches. Il signale également les blessures avec des instruments souillés, les aérosols, les produits chimiques et les circulations encombrées.

En clinique vétérinaire, la contention se prépare en équipe

La contention concentre une difficulté particulière : l’animal peut réagir brusquement malgré l’expérience de la personne qui le manipule. L’INRS identifie notamment le manque de formation aux techniques de contention parmi les facteurs de risque de blessures.

La préparation peut porter sur des questions très concrètes :

  • Qui maintient l’animal ?
  • Avec quel matériel ?
  • À quel moment faut-il interrompre la manipulation et demander au vétérinaire de réévaluer la conduite à tenir ?
  • Une ASV nouvellement recrutée connaît-elle les consignes propres à l’établissement ?

Le portage mérite la même attention. Soulever un animal lourd, déplacer un sac d’aliments ou travailler sur une table mal adaptée sollicite le dos. L’INRS recommande de considérer le mobilier réglable et les conditions de manutention. Il rappelle aussi les risques routiers et chimiques, qui dépassent largement la seule consultation.

À l’officine, regarder aussi derrière le comptoir

La réserve, les escaliers et les zones de réception des commandes font pleinement partie des lieux de travail. L’INRS cite les passages encombrés, les sols glissants, les rangements en hauteur et les moyens d’accès inadaptés parmi les causes possibles de chute.

Les douleurs au dos et aux articulations peuvent, elles, être favorisées par les colis déplacés sans aide, les flexions répétées pendant la mise en rayon ou les postures statiques prolongées. Le choix des emplacements de stockage, l’utilisation d’un chariot et la disponibilité d’un accès sécurisé aux rayonnages méritent donc d’être examinés avec ceux qui réceptionnent et rangent les produits.

À ces risques s’ajoutent les contacts infectieux, les blessures avec une aiguille contaminée et les tensions avec la patientèle. L’INRS mentionne aussi les longues journées et une charge de travail mal répartie.

Les nouveaux arrivants ont besoin de consignes précises

Au niveau national, les moins de 25 ans représentent 11 % des salariés du régime général, mais 16 % des accidents du travail et 23 % des accidents de trajet. Ces proportions concernent l’ensemble des secteurs, pas spécifiquement les équipes de santé. Elles portent sur les accidents, et non uniquement sur les décès.

Dans les trois activités, l’accueil d’un apprenti ou d’une nouvelle recrue peut devenir un moment de vérification collective :

  • Quelles tâches nécessitent une formation préalable ?
  • Qui appeler en cas de difficulté ?
  • Où se trouvent les protections ?
  • Que faire après une piqûre, une morsure ou une projection ?

Après un accident, examiner ce qui a rendu le geste dangereux

Un accident mérite davantage qu’un rappel individuel à la prudence. La personne était-elle seule ? Le matériel était-il accessible ? Une interruption a-t-elle perturbé la tâche ? Le planning permettait-il de demander de l’aide ?

L’INRS et l’Assurance maladie proposent un outil destiné aux entreprises de moins de 50 salariés pour analyser un accident et choisir des mesures correctives. Des outils d’évaluation des risques existent également pour chacune des trois activités.

Le travail collectif peut partir d’une situation précise : une contention interrompue, une chute évitée, un instrument retrouvé au mauvais endroit. Recueillir ces faits permet de discuter des changements nécessaires avant qu’une nouvelle personne soit blessée.

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