Une dynamique d’emploi qui résiste au ralentissement

L’industrie pharmaceutique ne tourne pas le dos à l’emploi. Selon le Rapport de branche (données 2024 du Leem) (Les Entreprises du Médicament), publié en décembre 2025, le secteur continue de recruter à un niveau élevé, même si le rythme s’est légèrement infléchi par rapport aux années précédentes.

En 2024, les entreprises du médicament ont réalisé plus de 15 300 embauches, tous contrats confondus, dont plus de 9 100 en CDI et CDD. Un volume en baisse de 7 % par rapport à 2023, mais qui reste supérieur à la moyenne observée sur la dernière décennie.

Dans le même temps, l’emploi salarié continue de progresser. Les effectifs en CDI et CDD ont augmenté de +1,1 % en 2024, soit environ 1 060 postes supplémentaires. Une croissance plus modérée qu’en 2023, mais toujours supérieure à celle de l’ensemble de l’industrie.

Ce maintien des recrutements s’inscrit dans une trajectoire positive engagée depuis la crise sanitaire, avec une hausse moyenne des effectifs de +1,6 % par an entre 2020 et 2024, contrastant avec la décennie précédente marquée par une légère contraction.

Jusqu’à 15 000 postes à pourvoir

Dans ce contexte, les besoins en main-d’œuvre restent élevés. Le volume de recrutements observé ces dernières années permet d’anticiper entre 12 000 et 15 000 postes à pourvoir, en tenant compte des remplacements, de la croissance des activités et du développement de l’alternance.

Le turnover, relativement contenu (9,4 %), traduit un secteur stable, mais aussi des besoins réguliers pour remplacer les départs (démissions, retraites, mobilités internes).

Autre facteur d’explication : la montée en puissance des métiers scientifiques et techniques, qui nécessitent des profils qualifiés souvent rares sur le marché.

Production, R&D, qualité : les métiers les plus recherchés

Le rapport met en lumière les fonctions qui concentrent les recrutements. Trois grands pôles dominent :

  • 1. La production, qui représente 35 % des effectifs et reste le premier vivier d’emplois
  • 2. La promotion et commercialisation, avec 22 % des salariés
  • 3. La recherche et développement (R&D), qui pèse 12 % des emplois, une proportion élevée par rapport à d’autres secteurs industriels

Les métiers les plus recruteurs en 2024 confirment cette tendance :

  • opérateurs de production
  • techniciens de fabrication
  • chargés d’information médicale
  • techniciens de maintenance
  • profils en R&D et qualité

Une industrie fortement qualifiée… et vieillissante

Autre enseignement du rapport : le niveau de qualification reste élevé. Près de 60 % des salariés appartiennent aux groupes de classification supérieurs, confirmant la technicité des métiers.

Conséquence directe : les recrutements interviennent souvent tardivement. L’âge moyen des salariés atteint 44,9 ans, et les jeunes de moins de 26 ans restent peu représentés (4 % des effectifs).

Parallèlement, la part des seniors progresse. Les salariés de 50 ans et plus représentent 39 % des effectifs, ce qui accentue les besoins de renouvellement à moyen terme.

Une géographie concentrée, mais des emplois diffus

L’emploi pharmaceutique reste structuré autour de grands bassins industriels. Quatre régions concentrent à elles seules plus des trois quarts des effectifs :

  • Île-de-France (plus de 40 %)
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Centre-Val de Loire
  • Normandie

Alternance et féminisation : des tendances durables

Le secteur s’appuie également sur l’alternance pour alimenter ses viviers de compétences. En 2024, il compte près de 8 400 alternants, soit environ 7 % des effectifs.

Après plusieurs années de forte progression, le nombre d’alternants se stabilise, signe d’un palier atteint dans les capacités d’accueil des entreprises.

Un marché tendu malgré un contexte moins porteur

Si l’emploi reste bien orienté, le rapport souligne un environnement économique plus contrasté.

Le marché du médicament montre des signes de ralentissement en 2025, après plusieurs années dynamiques, et le solde commercial du secteur se dégrade sous l’effet de la hausse des importations.

Pour autant, les perspectives mondiales restent solides : le marché pourrait dépasser 2 000 milliards de dollars d’ici 2027, avec une croissance tirée notamment par l’oncologie et les traitements innovants.

Un secteur stratégique pour l’emploi industriel

Au total, l’industrie pharmaceutique rassemble jusqu’à 141 000 salariés en France selon le périmètre de la branche professionnelle, et plus de 109 000 dans le périmètre des entreprises adhérentes au Leem.

Malgré un contexte économique moins dynamique, elle continue de se distinguer par sa capacité à créer des emplois qualifiés, à investir dans la formation et à maintenir un haut niveau de recrutement.

Dans un paysage industriel souvent marqué par les incertitudes, la pharmacie confirme ainsi son statut de secteur attractif, avec des besoins durables en compétences scientifiques, techniques et commerciales.

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