• Fermer la dernière pharmacie d’un village peut avoir des conséquences bien au-delà de la disparition d’un commerce de proximité. Cela signifie aussi la suppression de postes de pharmaciens adjoints et de préparateurs, et peut compliquer l’installation d’un professionnel qui souhaiterait reprendre l’activité.
  • C’est précisément pour éviter ce type de situation que l’Assurance Maladie a mis en place un dispositif d’accompagnement financier des officines situées dans des territoires fragiles.
  • Prévu par l’avenant 1 à la convention nationale des pharmaciens d’officine, puis élargi par l’avenant 2 signé le 7 avril 2026, il peut atteindre 20 000 € par an pendant trois ans maximum, avec possibilité de renouvellement selon le bilan réalisé.
  • L’Assurance Maladie estime qu’environ un quart des officines sont aujourd’hui les seules pharmacies de leur commune. Avec l’avenant 2, près d’un millier d’officines pourraient bénéficier de cet accompagnement dès 2026.

Une mesure qui concerne directement l’emploi en officine

L’aide n’est pas une prime destinée à l’embauche d’un salarié. Elle vise d’abord à consolider la situation financière d’une officine en difficulté.

Mais son effet attendu est aussi lié à l’emploi :

  • Une pharmacie qui parvient à maintenir son activité conserve ses besoins en personnel : pharmaciens adjoints, préparateurs en pharmacie et autres salariés de l’officine.
  • Pour les professionnels déjà en poste, le dispositif peut donc contribuer à sécuriser l’activité de leur employeur dans les territoires où le maintien de la pharmacie est particulièrement important.

Jusqu’à 20 000 € par an : qui peut en bénéficier ?

Pour être éligible, l’officine doit remplir plusieurs conditions cumulatives.

Elle doit notamment :

  • être située dans une zone sous-dense en médecins ;
  • être la seule pharmacie de la commune ;
  • avoir réalisé un chiffre d’affaires annuel inférieur à 1 million d’euros HT au cours de l’année civile précédant la demande ;
  • être ouverte au public au moins 10 mois par an ;
  • ne pas avoir de pharmacien titulaire condamné pour fraude par une décision devenue définitive au cours de l’année civile précédant la demande ;
  • tenir compte, dans son dossier, des éventuelles autres aides publiques dont elle bénéficie.

Et pour un pharmacien qui souhaite s’installer ?

Le dispositif peut être intéressant à connaître lorsqu’un pharmacien envisage une reprise d’officine dans une commune rurale ou isolée.

L’Assurance Maladie demande notamment le bilan financier et le compte de résultat de l’année précédente. Le dossier repose donc sur la situation d’une officine déjà en activité et sur un diagnostic réalisé par la CPAM, en lien avec l’ARS.

Pour un pharmacien qui prépare une acquisition, cette information peut néanmoins avoir son importance dans l'analyse économique du projet. Une officine située dans un territoire répondant aux critères peut potentiellement bénéficier de cet accompagnement si elle remplit les conditions requises.

Une information à intégrer dans l'étude d'une association

La question est également intéressante pour les pharmaciens qui envisagent de s'associer pour exploiter une officine.

Le dispositif est attaché à l'officine et implique le ou les pharmaciens titulaires. L'avenant n° 1 prévoit d'ailleurs que l'accompagnement est formalisé par un contrat tripartite entre la caisse de rattachement, l'ARS et le ou les pharmaciens titulaires.

L'avenant n° 2 précise surtout un point important pour les associés : aucun pharmacien titulaire ne doit avoir été condamné pour fraude par une décision devenue définitive au cours de l'année civile précédant la demande. Lorsque plusieurs pharmaciens sont titulaires, cette condition s'apprécie donc au niveau de chacun d'eux.

Le dispositif peut aussi accompagner le développement de nouvelles missions

Le dossier demandé par la CPAM ne porte pas uniquement sur les comptes de l'officine. Le pharmacien doit également présenter le bilan des actions engagées pour améliorer la situation financière de la pharmacie, notamment par le développement de « nouvelles missions ».

Cette dimension peut être particulièrement intéressante pour les officines qui cherchent à faire évoluer leur activité : prévention, dépistage, vaccination, accompagnement des patients ou encore certaines nouvelles missions confiées aux pharmaciens.

L'avenant 2 prévoit par ailleurs l'ouverture de négociations sur l'extension des missions des pharmaciens, notamment autour de la généralisation de l'expérimentation OSyS, qui permet au pharmacien d'assurer un rôle d'orientation pour certaines situations cliniques simples.

Pour les candidats à l'installation, un élément à regarder dans le dossier de reprise

Pour un pharmacien qui étudie une reprise, la situation de l'officine ne se résume pas à son chiffre d'affaires ou à son prix de cession.

Le nombre de salariés, les départs prévus, les besoins en recrutement, les missions développées par l'équipe et les aides publiques susceptibles d'être mobilisées peuvent également entrer dans l'analyse du projet.

Le nouveau dispositif ne transforme évidemment pas une officine déficitaire en entreprise rentable à lui seul. Mais dans certaines communes où la disparition de la dernière pharmacie pourrait fragiliser l'accès aux soins et l'emploi local, ces 20 000 € annuels peuvent constituer un soutien à intégrer dans l'étude économique d'une officine, notamment avant une reprise ou une association.

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