- Cette évolution ne traduit pas un désintérêt pour la profession. Au contraire, les effectifs atteignent leur plus haut niveau depuis 2012.
- Les choix de carrière évoluent, portés par les attentes des nouvelles générations et par la diversification des débouchés.
Les pharmaciens sont plus nombreux qu'il y a un an
Au 1er janvier 2026, la France compte 75 300 pharmaciens en activité, soit le niveau le plus élevé observé depuis 2012. Après plusieurs années de baisse liée aux départs en retraite, les effectifs repartent à la hausse depuis 2023.
La DREES explique cette progression par l'augmentation du nombre de places ouvertes en formation au cours des années 2000 et par l'arrivée de nouvelles générations de diplômés sur le marché du travail.
Le salariat poursuit sa progression
Si les effectifs augmentent, la répartition des modes d'exercice évolue également.
Selon la DREES, 49 % des pharmaciens exerçant en officine sont aujourd'hui libéraux, contre 56 % en 2012.
À l'inverse, le salariat continue de progresser. Tous secteurs confondus, près de deux pharmaciens sur trois exercent désormais comme salariés.
Pourquoi les jeunes diplômés s'orientent-ils davantage vers le salariat ?
Les chiffres ne permettent pas, à eux seuls, d'expliquer les motivations individuelles. Plusieurs éléments sont toutefois régulièrement mis en avant par les acteurs du secteur.
Le salariat offre généralement une rémunération connue à l'avance, sans investissement financier initial. Il permet aussi de découvrir différents environnements professionnels avant d'envisager une installation.
À l'inverse, reprendre une officine suppose un engagement économique important, auquel s'ajoutent les responsabilités liées à la gestion d'une entreprise, au management d'une équipe et aux obligations administratives.
L'installation intervient souvent après plusieurs années d'expérience
Choisir de devenir titulaire ne se résume pas à l'achat d'une officine. Il s'agit aussi de prendre la responsabilité d'une entreprise, d'encadrer une équipe, de piloter l'activité économique et de veiller au respect d'un cadre réglementaire particulièrement exigeant.
Pour cette raison, de nombreux pharmaciens commencent leur carrière comme adjoints ou remplaçants. Cette période leur permet de développer leur pratique clinique, de se familiariser avec le fonctionnement quotidien d'une officine et d'observer les différentes facettes du métier de titulaire :
- gestion des stocks,
- relations avec les fournisseurs,
- management,
- comptabilité,
- obligations administratives,
- suivi des indicateurs économiques.
L'expérience acquise constitue également un atout pour préparer un projet de reprise. Elle offre le temps de constituer un apport personnel, d'identifier une officine correspondant à ses attentes et de construire un plan de financement avec les établissements bancaires.
Les organisations professionnelles rappellent d'ailleurs que le financement d'une acquisition repose généralement sur un apport personnel représentant 20 à 30 % du prix de vente, complété par un emprunt et, selon les situations, par différents dispositifs d'accompagnement.
Cette obligation, prévue par le Code de la santé publique, souligne l'importance accordée à l'expérience de terrain avant la reprise d'une officine.
Cette évolution des parcours explique en partie pourquoi l'installation intervient aujourd'hui plus tard qu'auparavant.
Cette évolution ne signifie pas que le modèle du titulaire perd de son attractivité. Elle montre surtout que les parcours professionnels se diversifient, avec une place plus importante accordée aux carrières salariées. Les données publiées par la DREES décrivent cette évolution sans en identifier les causes.
Des conséquences pour les recrutements
Pour les titulaires, cette évolution peut avoir des répercussions sur les recrutements. Les besoins en pharmaciens adjoints et en remplaçants restent soutenus dans de nombreux territoires, tandis que certaines officines rencontrent davantage de difficultés pour attirer des candidats.
Les recruteurs doivent également répondre à de nouvelles attentes :
- organisation du temps de travail,
- équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle,
- perspectives d'évolution,
- accompagnement vers une future association.
À mesure que les générations se renouvellent, ces critères prennent une place croissante dans le choix d'un poste.
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