• Présentés le 1er octobre 2026, le projet de loi de finances (PLF) et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 ne parlent pas seulement de milliards d’euros et d’équilibres budgétaires.
  • Une lecture centrée sur l’emploi fait apparaître plusieurs mesures susceptibles d'intéresser les employeurs comme les salariés de la pharmacie, du dentaire et du vétérinaire.
  • Le dossier gouvernemental aborde notamment l’apprentissage, les rémunérations complémentaires, les cotisations patronales, la formation continue et l’évolution de certaines missions professionnelles.

L’apprentissage devrait conserver ses aides en 2027

C'est l'un des points communs les plus nets entre les trois univers. Le Gouvernement annonce le maintien en 2027 des niveaux de prise en charge des formations versés aux CFA et des aides accordées aux employeurs d'apprentis.

Près d'un million de jeunes sont aujourd'hui en apprentissage et environ 800 000 nouveaux contrats sont conclus chaque année, selon les données reprises dans le dossier budgétaire.

Pour 2027, il ne s'agira pas d'augmenter fortement leur nombre, mais de conserver ce volume tout en orientant davantage les financements vers les formations correspondant aux besoins en main-d'œuvre.

Le projet prévoit aussi une plateforme nationale de l'alternance, destinée à simplifier les démarches et à renforcer le contrôle des financements. Les CFA considérés comme répondant à des besoins prioritaires pourraient par ailleurs bénéficier d'un fonds national de soutien.

Autre sujet qui concerne aussi bien une officine qu'un cabinet dentaire ou un établissement vétérinaire : la prime de partage de la valeur, souvent utilisée comme complément de rémunération.

Le régime qui devait prendre fin au 31 décembre 2026 serait partiellement prolongé. Le projet prévoit de pérenniser l'exonération de cotisations sociales de la PPV et de prolonger pendant une année supplémentaire l'exemption de CSG et de CRDS applicable sous certaines conditions dans les entreprises de moins de 50 salariés.

Le dossier gouvernemental souligne que les entreprises de moins de 50 salariés représentent environ les deux tiers des 3,4 milliards d'euros de primes de partage de la valeur versées en 2025.

La mesure mérite d'être suivie de près dans des professions où la concurrence pour certains profils peut conduire les employeurs à chercher des formes de rémunération complémentaires au salaire.

Les règles actuelles prévoyaient pourtant qu'à partir du 1er janvier 2027 la PPV resterait exonérée de cotisations sociales mais deviendrait soumise à la CSG-CRDS et à l'impôt sur le revenu.

Le calcul des allègements de cotisations patronales pourrait évoluer

Le texte contient une disposition plus technique, mais qui intéresse directement les employeurs.

Le PLFSS veut modifier le calcul des allègements généraux de cotisations patronales afin de mieux prendre en compte certains compléments de salaire dans la rémunération servant au calcul de la réduction.

Selon le dossier présenté par le Gouvernement, cette modification représente 3,7 milliards d'euros à l'échelle de l'ensemble du dispositif. Elle ne change pas les paramètres généraux récemment réformés, mais la manière dont la rémunération est appréciée lorsque le salarié reçoit différents compléments.

À l'heure où nous écrivons cette article, il est trop tôt pour déduire qu'une officine, un cabinet dentaire ou un établissement vétérinaire verra nécessairement ses charges augmenter. L'effet dépendra de la rémunération et de sa composition.

Les jours de repos convertis en salaire resteraient possibles

Le projet prévoit également de pérenniser le mécanisme permettant à un salarié de renoncer à certains jours de repos en échange d'une rémunération.

Une disposition à regarder avec attention dans les secteurs confrontés à des difficultés de remplacement ou à des périodes de forte activité. Elle ne règle évidemment pas les problèmes d'effectifs, mais elle ajoute une possibilité dans l'organisation du temps de travail et de la rémunération.

Formation continue : la disparition annoncée de l'ANDPC change le paysage

Le PLFSS contient une autre mesure susceptible d'intéresser directement les carrières en pharmacie et en chirurgie dentaire : la suppression de l'Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC).

Ce changement intervient alors que la certification périodique prend progressivement une place croissante dans le suivi des compétences des professions de santé.

Le dossier budgétaire ne donne pas encore tous les détails sur l'organisme qui reprendra chaque mission ni sur les modalités pratiques de transition. Ces éléments devront être précisés au cours de l'examen du texte.

Pharmacie : les missions de santé publique appelées à prendre encore plus de place

Le projet budgétaire donne une indication intéressante sur l'évolution du métier de pharmacien.

Plus de 50 milliards d'euros de l'Ondam 2027 sont consacrés aux honoraires et forfaits des professionnels de santé. Le Gouvernement annonce également l'ouverture ou la poursuite de négociations conventionnelles concernant plusieurs professions, parmi lesquelles les pharmaciens.

Surtout, le texte précise que leur participation aux entretiens pharmaceutiques, actions d'accompagnement, dépistages et vaccinations doit être « renforcée et consolidée ».

Le signal envoyé aux professionnels est on ne peut plus clair : l'officine continue de s'éloigner d'un modèle reposant uniquement sur la délivrance du médicament.

Cette évolution pose aussi une question de recrutement. Plus les missions exercées en pharmacie se diversifient, plus les compétences recherchées dans les équipes sont susceptibles d'évoluer : capacité à mener un entretien, prévention, vaccination, dépistage, accompagnement du patient ou travail coordonné avec d'autres professionnels de santé.

Vétérinaire : 7 millions d'euros supplémentaires pour les missions sanitaires

Le PLF 2027 contient, côté vétérinaire, une mesure directement reliée à l'activité professionnelle.

Face à la multiplication des crises sanitaires, 7 millions d'euros supplémentaires doivent financer les missions de surveillance réalisées par les vétérinaires sanitaires. Le dossier gouvernemental les décrit comme des acteurs de la détection précoce des maladies émergentes.

Le budget prévoit parallèlement de consolider la police sanitaire unique et de poursuivre les actions contre les maladies animales, notamment grâce à la surveillance, la biosécurité et la vaccination. L'influenza aviaire est explicitement citée parmi les risques suivis.

Reste à connaître la répartition de cette enveloppe, les actes concernés et ses conséquences concrètes sur leur rémunération.

Dentaire : peu de mesures métier, mais plusieurs changements RH

Le contraste est assez net avec les deux autres univers. Le dossier budgétaire ne prévoit pas, à ce stade, de mesure nouvelle désignant spécifiquement les chirurgiens-dentistes. Le 100 % santé est cité, mais uniquement dans le rappel des réformes déjà déployées depuis 2017. DP-BUDGET-2027

Les informations les plus intéressantes pour les cabinets dentaires sont donc celles qui touchent l'emploi :

  • apprentissage,
  • prime de partage de la valeur,
  • calcul des cotisations,
  • organisation du temps de travail,
  • réforme de la formation continue.

Recrutement en 2027 : un budget à lire aussi comme un texte RH

Pris séparément, aucun de ces dispositifs ne redessine à lui seul le marché de l'emploi en pharmacie, dentaire ou vétérinaire. Leur accumulation mérite cependant l'attention des employeurs.

Le Gouvernement propose de maintenir les aides à l'apprentissage, de prolonger certains avantages associés aux rémunérations complémentaires et de modifier le calcul de certaines exonérations patronales. Dans le même temps, des métiers voient leurs missions professionnelles continuer à s'élargir ou leur formation continue changer d'organisation.

Mais une date doit rester en tête : 1er octobre 2026. Les dispositions analysées ici proviennent des projets présentés par le Gouvernement. Le PLF et le PLFSS doivent désormais être examinés puis votés par le Parlement.

Leur contenu peut encore être amendé avant l'entrée en vigueur des mesures prévues pour 2027. Le PLF fixe les recettes et dépenses de l'État tandis que le PLFSS organise les recettes et objectifs de dépenses de la Sécurité sociale ; leur adoption suit un processus parlementaire distinct.

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